Ugo Schildge
Synthèse

2021/05/15 - 2021/07/10
Shanghai, Chine
Pour sa seconde exposition chez Dumonteil à Shanghai, Ugo Schildge clôt un cycle en plusieurs chapitres initié en 2018. Après Nectar à NYC en 2018, Pollen à Shanghai en 2019, Essence à Paris en 2020, la boucle se ferme et promet la Synthèse de sa recherche artistique autour des équilibres naturels.

Le feu de forêt est à l’image du travail de l’artiste, un contre sens. Le feu ravage, détruit, dévore l’environnement et ses habitants avec une grande violence. Pourtant il est absolument nécéssaire à un écosystème. Il permet à la forêt de respirer, il fertilise les sols et débarrasse des parasites végétaux ou animaux.

Il est dit que parfois la forêt s’immole spontanément et s’embrase pour se purifier. Le travail d’Ugo Schildge repose sur une contradiction similaire. Il oppose les matériaux bruts de chantiers de construction, le béton, le plâtre, le bois... a un sujet généralement délicat, fragile, éphémère ou incandescent. Ce même béton qui entrave la nature, qui est la moelle épinière de l’urbanisme moderne, l’artiste l’utilise pour peindre une fleur, une abeille ou un arbre. Il fait du béton le vecteur de son crime, le militant contre sa cause.

Le sujet est un prétexte à la matière chez l’artiste, un bouquet de tournesol justifie une recherche de couleurs et de reflets. La littéralité est ici volontaire. Elle permet à l’artiste de détourner le spectateur du concept artistique pour l’inviter à observer la technique. Comme le feu dévore la forêt pour repartir de zéro, Ugo Schildge réduit à ‘l’essentiel’ pour nous confronter à la beauté immédiate du quotidien.

A cette série sur les feux, s’ajoutent comme une conclusion apaisante quelques nénuphars. Ugo Schildge est un optimiste et son travail est toujours une fine observations des équilibres naturels. L’eau s’impose donc pour répondre au feu et restitue la balance chère à l’artiste.

Le puissance graphique des éléments végétaux prend le pas sur une présence anthropomorphe qui se confond avec le paysage dans un camouflage qui la rend presque invisible. L’artiste choisit son camp, celui de l’indomptable Nature sauvage. La domestication de celle-ci nous apparaît seulement par la figure du tournesol, cultivé dans un champ ou rassemblé dans un bouquet en hommage au maître Van Gogh.

Ugo Schildge assume une posture écologiste non revendicatrice et nous confronte à la disparition inévitable de notre écosystème. Il pérennise les éléments fragiles dans le béton pour nous laisser entrevoir un espoir ou du moins un témoignage.
pressE
Juin, 2021
+ Shanghai Accueil (français) - CultureS Shanghai Juin 2021

25 Mai, 2021
+ Shanghai Daily (anglais) - When Camouflage Really Showcases Art